Connexion
Informations
Lieu de naissance
Dernière demeure
Héritage
Etablissements
Le récit
Louise Contat naît le , elle est la fille de Jean-François Contat, soldat de la maréchaussée et marchand de bas privilégié dans le quartier des Halles, et de Madeleine-Françoise Leroy. Elle est baptisée le lendemain à la paroisse de Saint-Germain-l’Auxerrois. Elle débute à la Comédie-Française à seize ans le par le rôle d’Atalide dans Bajazet. Protégée par Madeleine-Angélique-Michelle Drouin dite Mme Préville, cliente de la mercerie de son père dont elle devient l’élève, la jeune fille « ne causa d’abord de sensation, dit-on, que par sa ravissante figure : ce dont le parterre, beaucoup plus exigeant alors que depuis, ne se contenta pas ». La Harpe a d’ailleurs dit à ce sujet: « Mlle Contat a débuté avec une charmante figure, mais pas de voix et peu de talent. »
Loin d’être découragée par l’échec qu’elle a éprouvé dans Bajazet, elle se fait donner des cours de déclamation et redouble d’efforts. On lui confie un nouveau rôle dans Zaïre, puis celui de Junie dans Britannicus. Reçue 171e sociétaire en 1777, la belle actrice est courtisée par le fils du chancelier Maupeou qui, dit-on, avait fortement appuyé sa rapide réception à la Comédie française, malgré son «faible talent». À la fin des années 1780, elle a déjà son petit hôtel, qu’elle partage avec sa sœur cadette Émilie, actrice comme elle, élève deux enfants naturels de Maupeou et mène grand train. Toujours à court d’argent, la «Vénus aux belles fesses» – ainsi la nomme-t-on dans les nouvelles à la main –, se fait remarquer du comte d’Artois qui délaisse la duchesse de Guiche pour lui consacrer quelques semaines. Au mois de , on déclare la naissance d’un enfant, Charles-Louis Philippe, qui fut doté d’une pension de 8 000 livres au capital de 100 000 livres. L’intérêt que lui manifeste dès lors le frère du roi est surtout bénéfique pour la carrière de l’actrice à qui on offre enfin les rôles qu’elle convoite.
Tout en se laissant guider par Mme Préville, comédienne expérimentée, Louise Contat, joue de sa physionomie piquante, et fait surtout valoir son naturel fait de malice et de gaieté. Le premier rôle dans lequel elle se fait remarquer est celui de Cécile, dans le Père de famille, mais c’est dans Le Vieux Garçon, de Dubuisson, , dans les Courtisanes de Palissot, qu’elle obtient, pour la première fois, les applaudissements dont on n’a guère été guère prodigue envers elle jusqu’à ce jour. Dans la première de ces deux pièces, on remarque sa «sensibilité», et dans la seconde, on retient sa grâce et de sa finesse. Elle se fait particulièrement apprécier dans le rôle des ingénues, que lui procure la retraite de Mlle Doligny. Elle incarne à merveille La Coquette corrigée, rôle sur mesure, et où son jeu fait oublier les faiblesses de la pièce.
La consécration vient avec la création du rôle de «Suzanne», dans Le Mariage de Figaro. Lorsque le bruit se répand dans les coulisses que Beaumarchais confierait ce rôle à Louise Contat, Mlle Faniez sa collègue propose le sa propre candidature. Beaumarchais qui sait pouvoir compter sur l’appui du favori du comte d’Artois, le comte de Vaudreuil – qui a donné lecture à Gennevilliers de cette pièce décriée –, fait preuve de diplomatie en annonçant qu’il confierait le rôle de Suzanne à la protégée du prince. Or le comte d’Artois est dans les meilleurs termes avec sa belle-sœur, Marie-Antoinette qui, véritablement, est la seule en état de fléchir Louis XVI alors défavorable à la représentation de cette pièce. Ce jeu d’influence, habituel à la cour et également dans les coulisses des théâtres royaux, auquel la duchesse de Polignac prend part elle aussi, a raison des dernières hésitations du roi.
Cette circonstance est fort heureuse pour Louise Contat dont la brillante réputation doit beaucoup au Mariage de Figaro. Elle est, paraît-il, « remarquable de verve, de gaieté et d’entrain ». Jamais encore la Comédie-Française n’a vu une soubrette si piquante et si délurée. « Impossible d’être plus délicieusement coquine, plus coquette, plus amoureuse, plus honnêtement rouée. » À l’issue de la première représentation, Préville, enchanté, vient embrasser l’élève de sa femme, en disant : « Voilà la première infidélité que je fais à Mlle Dangeville. »
